L’ORIGINE DU PROJET

Quatrième mur est né de la rencontre de six étudiantes, rassemblées autour d’une question qui nous intriguait et nous touchait : que devient la culture lorsqu’elle franchit les murs d’une prison ?

Dans notre master de communication socio-culturelle, la place de la culture est centrale. La prison, elle, reste un espace largement méconnu, rarement montré, rarement entendu. Croiser ces deux mondes nous est apparu essentiel, justement parce que l’on en parle peu, et parce que l’accès à la culture y est loin d’être garanti.

Très vite, notre travail a rencontré un constat alarmant : depuis 2005, la loi belge reconnaît le droit à la culture pour les personnes incarcérées. Mais sur le terrain, ce droit dépend encore de nombreux facteurs : la direction de la prison, les moyens disponibles, les priorités du personnel, la présence ou non d’associations extérieures… D’un établissement à l’autre, les différences sont énormes : certaines prisons accueillent régulièrement des ateliers, tandis que d’autres n’en ont jamais ouvert leurs portes.

À ce manque d’équité s’ajoutent d’autres obstacles invisibles : des procédures administratives lourdes, des règles changeantes, une sécurité omniprésente, et une communication interne fragile. La culture est alors reléguée au second plan, vue comme un “bonus”, alors qu’elle peut jouer un rôle essentiel dans l’expression, la réhumanisation et la préparation à la réinsertion.

Nos recherches et nos rencontres avec des intervenant·e·s culturel·le·s en milieu carcéral, des personnes détenues, des associations, et du personnel pénitentiaire, n’ont fait que renforcer notre conviction : la culture en prison n’est pas une option, c’est une nécessité.

C’est de cette conviction que notre plateforme est née : un espace pour rendre visibles les initiatives existantes, pour montrer ce que la culture permet réellement, et pour mobiliser largement afin de défendre un accès plus juste, plus stable et plus reconnu à la culture en prison.

CE QUE DIT LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Les ateliers culturels en prison favorisent la communication et les échanges entre détenu·e·s. Ils contribuent à instaurer des relations plus égalitaires avec le personnel et offrent un temps d’évasion nécessaire à la responsabilisation. Ces moments valorisent les participant·e·s et les préparent à retrouver des repères culturels extérieurs, essentiels pour une réinsertion réussie.


Baudinet, 2023

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Le théâtre-action, une forme de théâtre participatif, engage les détenu·e·s dans un processus créatif qui leur permet de s’exprimer librement et de questionner leur identité. Cette pratique offre un espace de transformation personnelle où iels peuvent reprendre le contrôle de leur image. Le théâtre-action devient ainsi un véritable outil d’émancipation en milieu carcéral.


Branders, 2016

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L’accès aux activités culturelles en prison dépend fortement des choix du directeur, des budgets, des dynamiques locales et de l’architecture des établissements. Ces contraintes limitent la diversité et la régularité des offres, creusant les inégalités entre prisons. Les artistes font face à des difficultés d’organisation, souvent dues au manque d’espace et de moyens techniques adaptés.


Saurier, Touraut & Lallement, 2021

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POURQUOI LA CULTURE COMPTE

Parce qu’elle permet de souffler, de créer, de se raconter autrement. Parce qu’elle humanise, là où tout déshumanise. Parce qu’elle tisse du lien dans un quotidien extrêmement fermé.

Un atelier de théâtre, d’écriture ou de musique peut devenir un vrai moment de respiration, de confiance, d’expression. Un espace où l’on peut exister autrement que comme détenu·e. La culture aide à tenir, mais aussi à se projeter. Elle redonne une place, une voix, une valeur. Elle a un impact réel sur l’estime de soi, les relations aux autres, le bien-être, et même sur la façon dont les personnes se réinsèrent après leur peine.

Avec Quatrième Mur, on veut rendre tout cela visible. Montrer que la culture en prison n’est pas un luxe, mais une nécessité. Et faire en sorte qu’elle soit accessible à toutes et tous, partout.

Pour découvrir concrètement ce que permet cet accès, vous pouvez explorer les créations réalisées par des personnes incarcérées pendant ou après leur peine, ou encore écouter les témoignages de celles et ceux qui vivent, animent ou accompagnent ces réalités au quotidien à travers notre série de podcasts Voix carcérales.

SOUTENIR LA CULTURE EN PRISON

La culture en prison est essentielle, mais son accès reste fragile et inégal. Notre mobilisation vise à rassembler celleux déjà engagé·e·s pour la justice sociale et culturelle, et à interpeller les pouvoirs de décision qui peuvent garantir un accès réel aux ateliers.

Signer notre pétition, c’est demander un cadre légal clair, un budget stable et la reconnaissance de la culture comme un des éléments centraux de l’accompagnement en prison. 

Ensemble, faisons en sorte que la culture ne soit plus un privilège, mais un droit pour chaque personne détenue.